Prise en charge en ostéopathie de la plagiocéphalie

23 juin 2016 0
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La plagiocéphalie du nourrisson peut-être prise en charge en ostéopathie. Je recommande aux parents de venir consulter dans les 3 premiers mois qui suivent l’accouchement. Il faut savoir que la plagiocéphalie est théoriquement réversible jusqu’à l’âge de 18 mois. Les résultats sont les meilleurs si l’enfant est vu entre 0 et 6 mois. En effet, les fontanelles du crâne se ferment et s’ossifient définitivement au cours de 4 étapes : avec une 1ère étape à 3 mois, la 2e étape à 6 mois, la 3e à 12 mois et la 4e et dernière étape à l’âge de 18 mois, d’où la nécessité de consulter au plus vite.

 

Ce qu’il faut savoir sur la plagiocéphalie :

– La plagiocéphalie peut être provoquée par l’accouchement en lui-même.

– L’utilisation d’instruments (ventouse ou forceps) lors d’un accouchement peut favoriser la déformation du crâne de l’enfant. Cette déformation peut s’améliorer toute seule. C’est au cas où cette déformation se maintiendrait dans le temps qu’il peut être envisagé d’aller consulter un ostéopathe.

– Si l’enfant est placé régulièrement dans un même positionnement (même endroit de la pièce par exemple, ou du même côté pour la tête), cela pourra favoriser l’aplatissement de la tête du côté où la tête repose en permanence.

– Si l’enfant a moins de 6 mois, il est nécessaire que le médecin établisse un certificat de non contre-indication.

 

Voici quelques exemples de bébés vus en ostéopathie pour plagiocéphalie :

Exemple 1 : Enfant de 2 semaines, adressé par un médecin généraliste. Les parents me précisent qu’ils ont observé une déformation du crâne de l’enfant le jour et le lendemain de l’accouchement. C’est l’utilisation des ventouses qui avait contribué à créer cette déformation. Quand j’ai vu l’enfant, 15 jours après l’accouchement, le crâne avait retrouvé une forme tout à fait normale. L’enfant a su s’adapter seul sans qu’il n’y ait eu besoin d’y apporter une correction ostéopathique. Le bilan ostéopathique a permis de montrer que tout était ok pour cet enfant.

Exemple 2 : Enfant de 1 mois ½ avec la tête aplatie en arrière à droite. La maman de cet enfant me précise que l’enfant est tout le temps tourné la tête à droite, quand il est allongé. Il a été remarqué chez cet enfant qu’il existait des blocages qui l’empêchaient de tourner la tête à gauche. Le fait d’avoir améliorer ces blocages a permis à l’enfant de mieux pouvoir tourner sa tête à gauche, empêchant ainsi un positionnement prolongé en rotation droite. L’enfant a donc pu changer le positionnement de sa tête quand il était allongé et ainsi éviter d’appuyer toujours au même endroit de son crâne.

Exemple 3 : Enfant qui a maintenant 4 ans. L’enfant avait été vu vers 2012 pour un autre motif. J’avais alors conseillé aux parents de pouvoir traiter la plagiocéphalie de l’enfant. Les parents n’ont pas souhaité donner suite à cette proposition. 4 ans après, l’enfant a toujours sa déformation au niveau de son crâne.

 

– Tous droits réservés à ROUSSEAU Anthony, Ostéopathe à Voisins le Bretonneux (78960) –

FAQ sur la plagiocéphalie du nourrisson

La plagiocéphalie positionnelle est une déformation acquise du crâne du nourrisson, sans fermeture prématurée des sutures crâniennes. Elle se caractérise généralement par un aplatissement d’un côté de l’arrière du crâne. Elle est le plus souvent bénigne et tend à s’améliorer avec la croissance et l’augmentation de la mobilité spontanée du bébé.

Vue du dessus, la tête du nourrisson peut présenter une forme asymétrique, avec un aplatissement d’un côté de l’arrière du crâne. L’oreille située du côté aplati peut sembler légèrement avancée et le front peut être un peu plus proéminent du même côté.

Une préférence marquée pour tourner la tête toujours du même côté ou une diminution de la mobilité du cou peut également être observée. Une brachycéphalie se distingue par un aplatissement plus symétrique de l’ensemble de l’arrière du crâne.

Le principal facteur favorisant est une limitation de la mobilité libre et spontanée du nourrisson, entraînant des appuis répétés sur la même partie du crâne. Une préférence de rotation de la tête, un torticolis, une prématurité, une grossesse multiple, une présentation en siège ou un accouchement avec extraction instrumentale peuvent également augmenter le risque.

Le temps prolongé passé dans un transat, un siège-coque ou un dispositif limitant les mouvements peut aussi favoriser l’apparition ou l’aggravation d’une déformation crânienne positionnelle.

Il n’existe pas de date limite identique pour tous les nourrissons. Les premiers mois constituent cependant une période importante, car la croissance du crâne est rapide et le bébé développe progressivement sa mobilité.

Une prise en charge précoce permet de corriger plus facilement les habitudes de positionnement et les éventuelles limitations cervicales. Cela ne signifie pas qu’une amélioration devient impossible après six ou douze mois, mais l’évolution dépend de l’âge, de la sévérité de la déformation et de la mobilité du nourrisson.

Non. Pour dormir, le nourrisson doit toujours être couché à plat sur le dos, sur un matelas ferme et dans un lit adapté. Il ne faut pas le faire dormir sur le ventre ou sur le côté dans le but de corriger la forme de son crâne.

La position sur le ventre peut être proposée uniquement lorsque le bébé est éveillé et sous la surveillance constante d’un adulte. Elle favorise la mobilité de la tête, le développement musculaire et la diminution des appuis prolongés sur l’arrière du crâne.

Lorsque le bébé est éveillé, il est recommandé de favoriser sa motricité libre sur un tapis ferme, de varier les positions de portage et de l’encourager à tourner spontanément la tête des deux côtés grâce à des stimulations visuelles, tactiles ou sonores.

Les temps d’éveil sur le ventre doivent être courts, réguliers et toujours surveillés. Il est également conseillé de limiter le temps passé dans les transats et sièges-coques en dehors des déplacements.

Les coussins anti-tête plate, les cale-têtes et les dispositifs de positionnement ne sont pas recommandés. Ils limitent les mouvements du bébé et peuvent présenter un risque pendant le sommeil.

Il est conseillé de consulter lorsque l’asymétrie du crâne persiste ou s’accentue, lorsque le bébé tourne systématiquement la tête du même côté ou lorsqu’il semble avoir des difficultés à mobiliser son cou.

Le médecin ou le pédiatre réalise un examen clinique afin de confirmer le caractère positionnel de la déformation, d’évaluer la mobilité cervicale et d’écarter une craniosynostose ou un trouble sous-jacent. Une imagerie n’est généralement pas nécessaire en première intention.

La prise en charge repose principalement sur des conseils de repositionnement, la préservation de la motricité libre et la diminution des appuis répétés sur la zone aplatie.

Lorsqu’un torticolis ou une limitation de la mobilité cervicale est présent, une kinésithérapie à orientation pédiatrique peut être prescrite. Plus elle est mise en place précocement, plus les chances d’amélioration sont importantes.

En cas de déformation importante ou d’absence d’amélioration malgré une prise en charge adaptée, le médecin peut orienter le nourrisson vers une équipe spécialisée dans les malformations cranio-faciales. Une orthèse crânienne peut alors être discutée selon la sévérité et la situation de l’enfant.

Les données scientifiques disponibles ne permettent pas de recommander l’ostéopathie comme traitement de première intention de la plagiocéphalie. Elle peut éventuellement être envisagée en complément, en deuxième intention, dans le cadre d’une prise en charge coordonnée avec le médecin et le kinésithérapeute.

L’objectif d’une consultation ostéopathique ne doit pas être présenté comme le remodelage direct du crâne ou le déblocage de sutures crâniennes. L’ostéopathe peut plutôt évaluer la mobilité globale du nourrisson et rechercher des restrictions fonctionnelles susceptibles de contribuer à une préférence posturale.

La consultation commence par un échange avec les parents concernant la grossesse, l’accouchement, le développement du bébé, ses habitudes de couchage, sa préférence de rotation et les éventuels examens médicaux déjà réalisés.

L’ostéopathe observe ensuite la posture du nourrisson et évalue la mobilité de son cou, de son tronc et de ses membres. Les techniques utilisées doivent être externes, adaptées à l’âge du bébé, douces et non forcées.

La consultation ne remplace ni l’examen médical ni la kinésithérapie prescrite en cas de torticolis ou de limitation cervicale. Pour certaines manipulations du crâne, de la face ou du rachis chez un nourrisson de moins de six mois, un diagnostic médical attestant l’absence de contre-indication est nécessaire lorsque l’ostéopathe n’est pas médecin.


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